interdiction des sondages
"La veille de chaque tour de scrutin ainsi que le jour de celui-ci, sont interdits, par quelque moyen que ce soit, la publication, la diffusion et le commentaire de tout sondage (...). Cette interdiction est également applicable aux sondages ayant fait l'objet d'une publication, d'une diffusion ou d'un commentaire avant la veille de chaque tour de scrutin. Elle ne fait pas obstacle à la poursuite de la diffusion des publications parues ou des données mises en ligne avant cette date. (...)
L'interdiction ne s'applique pas aux opérations qui ont pour objet de donner une connaissance immédiate des résultats de chaque tour de scrutin et qui sont effectuées entre la fermeture du dernier bureau de vote en métropole et la proclamation des résultats."
extrait de la loi du 19 juillet 1977 modifiée par la loi du 19 février 2002
Ecrit le 21 Apr 2007 (00:00:00)
François Bayrou
objectif : porter le centre au second tour
La barre est placée très haut pour François Bayrou. Après avoir obtenu 6,84% des suffrages exprimés en 2002, ne serait-ce qu'obtenir un score à deux chiffres aurait pu apparaître comme une réussite pour le président de l'UDF. Mais les sondages le plaçant quelques points derrière Ségolène Royal, voire à égalité avec elle, ont fait de lui un des possibles candidats du second tour. Ce sera en tout cas dorénavant plus à cette aune qu'au pourcentage obtenu que sa candidature sera évalués. D'autant plus que tous les sondages ayant testé cette hypothèse l'ont donné vainqueur au second tour, aussi bien face à Nicolas Sarkozy que Ségolène Royal. François Bayrou joue donc, dimanche, son va-tout. Qualifié face à Nicolas Sarkozy, il pourrait espérer traduire dans la réalité son rêve de toujours d'un "grand centre" ouvert à l'aile réformiste et européenne du PS (Michel Rocard, Jacques Delors, Dominique Strauss-Kahn). Face à Ségolène Royal, en revanche, il apparaîtrait comme le candidat de la droite (avec le soutien de Nicolas Sarkozy) dans le cadre d'un duel droite-gauche. Retour à la case départ, donc, pour l'UDF. Et finies les velléités centristes. Enfin, sa non-qualification au second tour le placerait au pied du mur. Soit faire monter les enchères entre les deux finalistes. Soit ne pas trancher en les renvoyant dos-à-dos dans la perspective de la prochaine présidentielle, en 2012. Un non-choix qui risquerait toutefois de coûter cher à l'UDF aux élections législatives de juin prochain.
Ecrit le 20 Apr 2007 (16:45:00)
Olivier Besancenot
objectif : incarner la relève à la gauche de la gauche
Trois enjeux se fixent autour de la candidature d'Olivier Besancenot. Tout d'abord, être le cinquième homme, derrière les quatre candidats qui visent le second tour (François Bayrou, Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy). Ensuite, terminer en tête des candidats de la gauche "noniste" (Olivier Besancenot, José Bové, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller, Gérard Schivardi). Avec 4,25% des suffrages exprimés, Olivier Besancenot était déjà arrivé en 2002 devant le candidat du PCF (Robert Hue : 3,37%) mais derrière Arlette Laguiller (5,72%). Enfin, justement, devancer Lutte ouvrière (LO). Que la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) d'Alain Krivine obtienne un meilleur résultat que LO représenterait un véritable petit séisme au sein du courant trotskiste. Malgré les sondages qui peuvent laisser Olivier Besancenot espérer remplir ces trois objectifs, dépasser dimanche la barre symbolique et financière des 5% ne sera pas chose facile dans le contexte de la candidature supplémentaire de José Bové.
Ecrit le 20 Apr 2007 (16:30:00)
José Bové
objectif : donner une suite au "non" de gauche
La candidature de José Bové est une des nouveautés de ce scrutin présidentiel. L'ancien syndicaliste paysan n'est toutefois pas parvenu à rassembler autour de lui l'ensemble des Collectifs unitaires antilibéraux ? issus des Collectifs pour un "non" de gauche ? qui ne sont pas parvenus à s'accorder sur une candidature unique. L'altermondialiste a cependant reçu le soutien de quelques membres du PCF (Patrick Braouezec) et des Verts (Francine Bavay, Patrick Farbiaz, Gilles Lemaire) De son score dépendra l'avenir de cette nébuleuse qui tente d'exister entre les appareils partisans que sont le PCF et la LCR. "Notre combat se poursuivra après la présidentielle, nous continuerons à nous battre à l'occasion des législatives et des municipales", a-t-il insisté, mercredi soir, à Toulouse. Enfin, outre la gauche "noniste", le "faucheur volontaire" d'OGM, espère aussi séduire des électeurs écologistes.
Ecrit le 20 Apr 2007 (16:15:00)
Marie-George Buffet
objectif : enrayer le déclin électoral du PCF
Partie prenant des Collectifs unitaires antilibéraux, le PCF a longtemps hésité avant de se lancer dans la course présidentielle. Certains de ses membres ont d'ailleurs choisi de soutenir la candidature de José Bové plutôt que celle de Marie-George Buffet, qui s'est mise en congé du secrétariat national du parti pour la durée de la campagne. En 2002, pour la première fois, le candidat du PCF avait été devancé par deux candidats issus de l'extrême gauche trotskiste : 3,37% pour Robert Hue (PCF), 4,25% pour Olivier Besancenot (LCR) et 5,72% pour Arlette Laguiller (LO). L'espoir pour le parti créé en 1920 est donc de retrouver la première place à la gauche du PS, perdue après sa participation au gouvernement de "gauche plurielle". Le score de la candidate du PCF sera par ailleurs regardé à la loupe, afin de voir si elle est parvenue ou non à enrayer le déclin électoral du parti : 15,35% à l'élection présidentielle de 1981 (Georges Marchais), 6,76% à celle de 1988 (André Lajoinie, concurrencé par le "communiste rénovateur" Pierre Juquin), 8,64% en 1995 (Robert Hue), 3,37% en 2002 (Robert Hue). Ce dernier chiffre étant le score à battre, aux deux chiffres après la virgule près.
Ecrit le 20 Apr 2007 (16:00:00)
Arlette Laguiller
objectif : conserver sa 5e place
Seul candidat à avoir été en lice à toutes les élections présidentielles depuis 1974, Arlette Laguiller doit montrer qu'il ne s'agit pas d'une candidature de trop. Première femme à briguer l'Élysée, la porte-parole de Lutte ouvrière (LO) s'est tout de suite imposée dans l'électorat d'extrême gauche en obtenant d'emblée 2,33%. Contre 0,37% à Alain Krivine, qui avait pourtant récolté 1,06% en 1969. En 1981, elle est l'unique candidate trotskiste (2,30%). Et, depuis elle ne cesse d'améliorer son score : 1,99% en 1988, 5,30% en 1995, 5,72% en 2002. Cette dynamique risque toutefois d'être enrayée, dimanche, par l'irruption d'Olivier Besancenot (LCR), qui l'avait déjà talonnée il y a cinq ans (4,25%) et qui la devance aujourd'hui largement dans les sondages. Quel que soit son score, Arlette Laguiller a d'ores et déjà annoncé qu'il s'agissait de son dernier tour de piste.
Ecrit le 20 Apr 2007 (15:45:00)
Jean-Marie Le Pen
objectif : réitérer l'exploit de 2002
Il avait créé la surprise en 2002 en se qualifiant pour le second tour de l'élection présidentielle. Il espère bien, cette année encore, faire mentir les sondages qui le placent en quatrième position, derrière Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou. "Il y aura un deuxième 21 avril", a ainsi redit, hier, Jean-Marie Le Pen. Même si la dernières enquêtes le plaçant devant François Bayrou remonte à la mi-février. Et si, en cette fin de campagne électorale, Nicolas Sarkozy a droitisé son discours, ce qui pourrait ne pas laisser indifférent l'électorat d'extrême droite. Dans la dernière vague du baromètre politique français du Cevipof (réalisée du 5 au 19 février 2007 par l'Ifop), 40% des électeurs exprimant une intention de vote en faveur de Jean-Marie Le Pen au premier tour indiquaient en effet qu'ils pourraient voter pour Nicolas Sarkozy en second choix. Enfin, s'il ne connaît plus la concurrence de Bruno Mégret (2,34% en 2002), le président du FN subit cette fois celle de Philippe de Villiers et pâtirait d'une forte participation électorale. Il n'en reste pas moins que, jusqu'à présent, Jean-Marie Le Pen a amélioré son score de présidentielle en présidentielle : 14,38% en 1988, 15% en 1995 et 16,86% en 2002.
Ecrit le 20 Apr 2007 (15:30:00)
Frédéric Nihous
objectif : devancer Dominique Voynet
Il l'a martelé durant toute la campagne électorale : le premier objectif de Frédéric Nihous est de "battre les Verts", c'est-à-dire Dominique Voynet, dont il dénonce l'"écologie punitive". En 2002, le candidat de Chasse Pêche Nature Traditions (CPNT), Jean Saint-Josse, avait obtenu 4,23%. Au vu des sondages, Frédéric Nihous serait toutefois loin de la barre symbolique et financière des 5%. Plusieurs électorats sont dans la ligne de mire du candidat : les ruraux, les écologistes et les souverainistes. Ce qui le place en concurrent potentiel de plusieurs autres candidats positionnés sur ces thématiques : Gérard Schivardi, José Bové, Dominique Voynet, Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen.
Ecrit le 20 Apr 2007 (15:15:00)
Ségolène Royal
objectif : qualifier la gauche au second tour
Pour le PS, il s'agit avant tout de prendre une revanche sur le 21 avril 2002. À l'époque, Lionel Jospin avait été éliminé dès le premier tour en récoltant un peu moins de 200 000 voix que Jean-Marie Le Pen. Persuadée que ce n'est pas avant tout la politique menée par la "gauche plurielle" mais la multiplication des candidatures qui en avait été la cause, le PS a convaincu le Mouvement républicain et citoyen (Jean-Pierre Chevènement : 5,33% en 2002) et le Parti radical de gauche (Christiane Taubira : 2,32% en 2002) de ne pas présenter de candidat et de soutenir sa candidate. D'après les sondages, Ségolène Royal obtiendrait d'ailleurs au premier tour un score plus proche de celui de Lionel Jospin en 1995 (23,3%) qu'en 2002 (16,18%). Toujours d'après les sondages, la candidate serait ainsi qualifiée pour le second tour. Seules quelques enquêtes réalisées début mars la plaçaient en effet à égalité avec François Bayrou au premier tour. L'hypothèse d'un duel entre Nicolas Sarkozy et François Bayrou mettrait le PS au pied du mur : simplement appeler à voter pour le candidat centriste ou sceller avec lui une alliance, comme le suggèrent l'ancien premier ministre Michel Rocard et les anciens ministres Bernard Kouchner et Claude Allègre. Mais, même qualifiée le 22 avril, la longue marche de Ségolène Royal ne serait pas achevée : aucun sondage réalisé depuis la mi-janvier ne la donne en tête dans un duel avec Nicolas Sarkozy.
Ecrit le 20 Apr 2007 (15:00:00)
Nicolas Sarkozy
objectif : arriver en tête au premier tour
En privé, Nicolas Sarkozy est confiant. Il est vrai que tous les sondages le placent ? depuis fin mars ? en tête du premier tour et le donnent ? depuis mi-janvier ? élu au second face à Ségolène Royal. Président d'un parti créé après la dernière présidentielle, Nicolas Sarkozy n'a pas vraiment de score de référence. En 2002, les trois candidats qui soutiendront ensuite la création de l'UMP avaient obtenu 24,98%: Jacques Chirac (19,88%), Alain Madelin (3,91%) et Christine Boutin (1,19%). Tous les sondages lui confèrent par ailleurs bien plus que l'étiage de Jacques Chirac aux présidentielles (18-21%). Le scénario idéal pour Nicolas Sarkozy serait d'être face à Ségolène Royal au second tour. Afin, espère-t-il, de l'emporter dans un duel "classique" entre la droite et la gauche. Face à Jean-Marie Le Pen, il risquerait de se trouver "mal élu", comme Jacques Chirac il y a cinq ans. Face à François Bayrou, en revanche, la partie serait plus difficile : tous les sondages ayant testé cette hypothèse le donnent, dans cette configuration, perdant. Après avoir donné à sa campagne un ton plus social que les convictions libérales qu'il avait jusque-là défendues, Nicolas Sarkozy a multiplié, ces dernières semaines, les signaux en direction de deux cibles : d'une part l'électorat d'extrême droite (proposition d'un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale"), d'autre part les centristes (réunion publique, mercredi soir, avec Simone Veil, Gilles de Robien et André Santini).
Ecrit le 20 Apr 2007 (14:45:00)
Gérard Schivardi
objectif : ne pas finir dernier
Bon dernier dans les sondages, Gérard Schivardi se présente pour la première fois à une élection présidentielle. La formation politique qui le soutient, le Parti des travailleurs (PT), n'en est toutefois pas à sa première candidature, son représentant obtenant à chaque fois le score le plus faible : 0,38% en 1988 (Pierre Boussel) et 0,47% en 2002 (Daniel Gluckstein, actuel directeur de campagne de Gérard Schivardi). Le PT est principalement composé de militants trotskistes "lambertistes", mais Gérard Schivardi (ancien membre du PS) a défendu durant cette campagne une ligne politique plus nationale-républicaine ? proche de celle de Jean-Pierre Chevènement mais en plus radicale ? que marxiste révolutionnaire. Le maire de Mailhac et conseiller général de l'Aude a annoncé en cette fin de campagne la création d'un "nouveau parti ouvrier en France" qui serait "opérationnel en fin d'année pour les prochaines municipales et cantonales".
Ecrit le 20 Apr 2007 (14:30:00)
Philippe de Villiers
objectif : obtenir plus de 5%
Il s'agit de la seconde candidature de Philippe de Villiers à une élection présidentielle. En 1995, le président du Mouvement pour la France (MPF) avait obtenu 4,74% des suffrages exprimés, c'est-à-dire juste en dessous de seuil symbolique et financier des 5%. Au regard des enquêtes d'opinion, il en serait cette fois encore plus loin. À l'exception des questions morales et éthiques, où il se retrouve sur la ligne défendue en 2002 par Christine Boutin (1,19%), les principaux thèmes développés par Philippe de Villiers ont été préemptés durant cette campagne par Nicolas Sarkozy, de la revalorisation du travail à l'identité nationale. Coincée entre le FN et l'UMP, le créneau pour la "droite patriotique de gouvernement" semble aujourd'hui étroit. Mais Philippe de Villiers se positionne également pour la prochaine présidentielle, où il pourrait tenter, avec une image moins controversée, d'incarner la relève de Jean-Marie Le Pen (84 ans en 2012) à la droite de la droite.
Ecrit le 20 Apr 2007 (14:15:00)
Dominique Voynet
objectif : devancer José Bové
Les Verts abordent cette élection présidentielle dans un contexte difficile. Tout d'abord, la signature du Pacte écologique de Nicolas Hulot par plusieurs candidats de tous bords (François Bayrou, Marie-George Buffet, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Dominique Voynet) a semblé ôter à leur candidate sa spécificité. Ensuite, Dominique Voynet souffre de la concurrence de José Bové, dont la candidature se positionne sur un créneau électoral très proche, même si sur les questions européennes la candidate des Verts est plus proche de François Bayrou que de la gauche "noniste". Certains membres de la direction du parti (Francine Bavay, Patrick Farbiaz) ont d'ailleurs préféré soutenir le candidat altermondialiste. Enfin, comme l'ensemble des candidats ne pouvant apparemment pas prétendre viser le second tour, Dominique Voynet est crédité d'un très faible score dans les sondages. Dans ce contexte, il lui faudra au moins devancer José Bové ou ne pas donner à l'écologie politique son plus mauvais score à une présidentielle : 1,32% en 1974 (René Dumont), 3,88% en 1981 (Brice Lalonde), 3,78% en 1988 (Antoine Waechter), 3,32% en 1995 (Dominique Voynet), 5,25% en 2002 (Noël Mamère).
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